Je n’ai pas de repères
Je n’ai pas de replis
Dans le sein de ma mère
J’ai puisé l’énergie
L’énergie de la terre
L’énergie de la vie
Et le mal et le bien
Qui accompagnent ma vie
J’ai puisé les secrets
La douleur cachée
J’ai puisé (le mépris
Et la joie) effacés.
J’ai puisé les contraintes
Les « on dit, » les « non dits »
J’ai gardé les empreintes
Des aïeuls réunis.
J’ai tué l’essentiel
J’ai gardé le détruit
J’ai rêvé l’éternel
Oubli
Le réveil est brutal
Car le temps est passé
Chaque pas son empreinte
Sur ma face a tracé.
Elle est lourde et fugace
Elle est libre mais tenace
Elle s’accroche et se fond
En moi en ce qui est « mon »
« Mon être », mon vécu
Mon sang que je n’ai vu
Si vite se répandre
A s’y méprendre, de mon corps nu
Adieu belle endormie
Le réveil est si proche
Car ceux que tu oublies
étaient parmi tes proches
Mais rien n’a d’incidence
Plus rien n’a de raison
D’expliquer chaque absence
Au sein de ma maison
Je sais que chaque réveil
Est plus brutal comme avant.
Au moment du sommeil
Son regard me surprend
M’électrise et me rends
Impuissante, aux signaux
De la pluie et du vent
De ta larme d’argent.
Si tu pleurs, si je vois
Que tu meurs dans mes bras
Si tu fonds et t’étires
Dans mon corps présenté
Je veux être ta lyre
Raisonner chaque fois
Que tes doigts en délire
Viennent se poser sur moi
Ne crains rien, je ne suis
Que cadeau de la vie
Je ne puis recevoir, autant alors donner
Car chaque être par l’espoir, renaît !.
Que ton dard me transperce
Que ton jus amoureux
M’inonde de ton être
Vibrant et vigoureux
Je boirais ta détresse
Ton chagrin et tes joies
Je boirais ton ivresse
Et tu vivras en moi
Comme un vampire la nuit
Je sucerais ton sang
Je te prendrais la vie
Je te prendrais avant
Avant que tu ne vives
Avant que tu ne voies
Que les âmes mortes
Ne survivent pas.