Le milieu de la nuit, hommes femmes dorment.
Bébé chante sa faim, la femme se réveille.
Dans ses bras il a chaud sur son sein se forment,
Les desseins avides, de ses lèvres vermeilles.
C’est à chaque suçon que son téton grandit
C’est à chaque lampée que son corps se rempli
Plus bébé s’y emploie plus sa mère s’enrichit
D’un bain riche d’émois que son corps engloutit.
Fête de la Toussaint fête de chaque mort
Quand on pleure ses proches, en nourrissant la vie,
Quand il faut changer d’heure s’amarrer sur le port
Le pendulier arrive et nous redonne vie.
Le pendulier est là , monté sur son échelle
Je vais changer vos heures. Il est minuit mes belles.
Mes aiguilles je vais, vous conter mon secret
Je vais vous visiter que deux fois dans l’année.
C’est moi qui régule, le corps de vos pendules
C’est moi qui vous remets à l’endroit désiré.
C’est moi qui vous porte, roses à votre porte
Qui fait que votre lit m’accueille dans la nuit.
Le cadran a ouvert la fenêtre du temps,
Le pendulier rentre, se demande comment
Recouvrir d’un halo le secret quand l’étoile,
Scintille dans la nuit recouverte d’un voile.
Les aiguilles s’agitent, la musique fredonne
Cette nuit est magique, quand les corps s’abandonnent
Mais il faut changer l’heure, le pendulier s’active
Et devra retourner, bientôt sur l’autre rive.
Prend ton temps! à minuit, la musique se lance
L’aiguille déplacée rentre dans sa transe
Tremblante elle remet, sa robe d’hyménée
Il tremble lui aussi pour s’en faire une alliée.