Poème
 

Reflet


Elle avance seule, fantôme indifférent
traversant la foule vers moi se fondant
telle un ange, une ombre en mouvement

D’oublier l’a t'on suppliée
mais ses souvenirs l’ont assiégée

Ces yeux fixent le vide où elle semble tomber
sévères opalines, au regard glacial
la vie semble l’avoir abandonnée

Elle n’a pas pleuré!
elle l’a juste regardée
Objet de pervertis qu’il a ainsi meurtri
consumés ses membres diminuent les mouvements
jusqu’à paraître immobile, abandonné de vie

Sans comprendre pourquoi?
elle ne pleure toujours pas
Sa peau translucide ne renvoie plus de lumière
le soleil la transperce la laissant ainsi livide
il lui a tout ravi son bonheur ses chimères

Poupée de cire au triste sort
laissé cassée ainsi pour morte
Ses traits las ne laissent plus de place au sourire
le voile gris de son teint la laisse pour cendre
reste d’un jadis feux qui c’est éteint d’un soupire

Ne la touchez pas
elle ne le supporterait pas!

Et ces marques sur ses poignets,
boursouflures du passé commis pour oublier,
qu’il l’a ainsi salie humiliée

Comment oublier
qu’elle n’est plus Dignité
Il lui fallait nous cacher ces doigts invisibles
inscris dans sa chaire ils sont là,
elle les sent, Eternels, Indélébiles

Ne la regardez pas
elle ne se supporte pas
Il me fait mal cet ange déchu par la chance
j’ai envie de le serrer de le ramener à la vie
mais il porte le noir deuil de son innocence

Comment oublier
qu’elle n’est plus respect
Je m’approche et je me fige, pas de superflus
ce n’est qu’un miroir...
seul témoin d’une vie que je ne reconnais plus.
Comment oublier
qu’on ne peut la sauver
 
 

 

 
 

Avez-vous déjà lu le poème
Le Jardin primitif
de Breillet Maurice ?

 
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